IGNORANCE
Milan Kundera vient de publier en avril 2003 chez Gallimard L'ignorance, un roman écrit en français mais qu’il a d’abord publié en Espagne chez l'éditeur Tusquets, en avril 2000. |
Michèle Gazier, dans Télérama , explique ainsi cette chronologie : « Blessé par une critique nationale donneuse de leçons de grammaire -qui s'est parfois acharnée sur son français dépouillé, Kundera a choisi de publier d'abord son roman en traduction : en Espagne, puis partout dans le monde... Avant de le concéder enfin à ses lecteurs français, qu'il invite justement ici à réfléchir sur l'exil, l'adoption obligatoire d'une nouvelle vie, d'une nouvelle langue ».
Dans l’ignorance, on assiste à l’histoire de deux personnages qui ont pris l’exil suite à l’invasion soviétique. Irena et Josef ont chacun reconstruit une nouvelle vie, l’une à Paris et l’autre à Copenhague.
En 1989, après la chute du mur de Berlin, ces deux personnages reliés par un passé commun retournent dans leur pays natal : la Tchécoslovaquie. Par hasard, ils se rencontrent. Irena reconnaît immédiatement ce jeune homme qu’elle avait tant aimé. Ce retour va-t-il être le moyen de renouer leur histoire ?
Durant ce petit voyage, chacun de son côté va goûter l’étrangeté. Le passé, les souvenirs, la mémoire, l’oubli, les difficultés linguistiques, solitude.. Ils vont retrouver un nouveau pays où on entend plus de russe et voit des mots anglais.
Les premières paroles de leurs amis commencent toujours par ‘tu te rappelles quand..’. et Irena et Josef se heurtent sans arrêt à l’ignorance, ils attendent des questions que personne ne leur pose comme leur vie a l’étranger.
Tout au long du roman une comparaison magnifique domine. Le lecteur doit mettre en parallèle les souvenirs, le présent d’Irena et Josef mais aussi leur histoire a celle de l’Odyssée. Une autre caractéristique de ce roman c’est que Kundera débute son roman par des jeux de mots. Il lie ‘nostalgie’ et ‘ignorance’ pour montrer que notre vie consiste à oublier, mais sans le savoir, sans prendre conscience. |