Zone de Texte:  
 
 
Numéro 1
Juin  2007

Zone de Texte:  
Le journal du collège et du lycée Charles de Gaulle d’Ankara
     

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Interview de
M. l’ambassadeur

 

 

Votre métier vous plaît-il ? 

Alors je pense qu’il doit me plaire, sinon je pense que je l’aurais abandonné. J’ai fait plusieurs métiers car j’ai d’abord été enseignant. J’ai enseigné le droit à l’Université de 1964 à 1971. En 1971, j’ai passé le concours du Ministère des Affaires étrangères car j’avais appris plusieurs langues rares, comme le russe et le roumain. Et donc depuis 1971, je fais ce métier et il me plaît. Alors, vous allez me dire mais pourquoi vous plaît-il ? Premièrement en raison de sa diversité. Je suis allé dans des pays très différents, en Europe, en Amérique du nord et latine. Deuxièmement, c’est un métier qui vous permet de rencontrer toutes sortes de personnes. Quand j’étais Chef du protocole du Président de la République, j’ai beaucoup voyagé : un jour j’étais à Pékin, deux jours plus tard à New York et la semaine suivante en Afrique. Enfin et surtout, c’est un grand plaisir de représenter et de servir la France. C’est un peu grandiloquent mais c’est vrai. 

Comment fonctionne l’Ambassade ?

Vous avez d’abord une Chancellerie politique qui rassemble tous les collaborateurs qui sont chargés du suivi des relations politiques entre les deux pays ; ils rendent compte de l’actualité politique et diplomatique du pays au Ministère à Paris. Ensuite, vous avez la Mission économique qui analyse la situation économique de la Turquie et vient en aide aux hommes d’affaires français qui souhaitent investir

 

 

 

ici. Il y a aussi un service culturel qui travaille beaucoup en ce moment à l’organisation du « Printemps français », une série de manifestations culturelles dans plusieurs grandes villes de Turquie. Mais c’est aussi lui qui gère tous vos professeurs et assure, en nouant des partenariats avec les écoles et les universités turques, le rayonnement de la langue française. Enfin, il y a le service consulaire qui délivre d’une part des visas aux citoyens turcs qui veulent aller en France et qui porte assistance, d’autre part, aux Français résidents en Turquie ou de passage. Et puis il y a toutes les institutions extérieures, comme votre lycée ou la Chambre de Commerce Franco-Turque, qui animent elles aussi la relation entre nos deux pays.

 
Par qui êtes vous dirigé ?

Je reçois mes instructions du Ministère des Affaires étrangères et de la manière suivante : quand vous prenez vos fonctions en tant qu’Ambassadeur, vous êtes reçu par plusieurs ministres et parfois même par le Président de la République. Au bout de six mois de travail en poste, l’Ambassadeur retourne à Paris pour venir présenter ce qui s’appelle son « plan d’action », la feuille de route ou le tableau de bord de toute son action dans le pays où il a été nommé. Ce plan est discuté au Ministère et sert de base à une lettre d’instructions qui est signée par le Ministre. Ensuite, ces instructions sont complétées en fonction des développements de l’actualité. Enfin si je suis confronté à une question en particulier, je saisis le Ministère qui me donne ses instructions. Tout ceci se fait par échange de télégrammes, c’est à dire des messages qui sont chiffrés et codés pour préserver leur confidentialité.